Sport, plein air et activité physique : pourquoi la notion de plaisir est-elle essentielle à la participation?

Femmes heureuse de faire de l'activité physique en groupe
Le mouvement Happy Fitness

Ressentir du plaisir à pratiquer nos activités physiques est essentiel pour demeurer actifs à long terme. Mais à quoi tient cette sensation, et comment la susciter? 

Pilier des saines habitudes de vie, la pratique de l’activité physique fluctue bien souvent au gré des circonstances liées à la vie personnelle et professionnelle. « Pas assez de temps», ou « plus assez de motivation » sont les prétextes souvent évoqués pour stopper ses activités et mènent, la plupart du temps, à la sédentarité.  

La meilleure façon d’ancrer les activités physiques dans le quotidien et dans la durée? Identifier les disciplines qui procurent du plaisir, pour s’assurer d’avoir envie de les répéter. « Le plaisir est au centre de ce qui fait qu’on continue ou pas, lance Mariane Parent, enseignante en gestion et intervention en loisir au Cégep Saint-Laurent. Une mauvaise expérience sportive peut conditionner le lien d’une personne à l’activité physique pour le reste de sa vie. » Car se trouver dans une zone d’anxiété affecte grandement l’envie de poursuivre ses efforts.  

Enfants et ados : à chacun sa motivation pour l’activité physique 

Les enfants, qui ont un penchant naturel sans limites pour le jeu, trouvent facilement le plaisir dans le sport et sont capables de s’engager à fond dans une activité qui leur plaît. Mais c’est à l’adolescence qu’ils sont nombreux à mettre un terme à leurs activités physiques, entre autres sous l’effet des problématiques liées à l’image corporelle, notamment chez les filles.  

« Pour rétablir le plaisir chez les ados, il faut jouer sur le sentiment d’appartenance à un groupe, à une communauté ou à une équipe, explique Mariane Parent. Il faut les interroger sur ce qui les renvoie au jeu comme l’utilisation de la musique, par exemple. Ça peut être aussi pratiquer une activité juste entre filles, comme avec le programme Fillactive. L’important, comme intervenant, c’est de s’adapter à leurs préférences et à leurs besoins pour arriver à une expérience optimale de loisir », résume Mariane Parent. C'est-à-dire à l’état de flottement, ou flow, qui nous engage à persévérer.  

Encourager l’activité sous toutes ses formes, en cours d’éducation physique comme à la récréation, rendre l’équipement accessible à tous, écouter les besoins spécifiques en offrant une grande variété de disciplines : c’est ainsi que professeurs et éducateurs peuvent contribuer à inculquer la passion du sport, du plein air, et de l’activité physique, notamment au secondaire, et à la rendre attirante. 

Groupe de filles faisant de la course
Fillactive

Trouver la motivation en tant qu’adulte 

« Pour inciter un adulte à demeurer actif, on parle davantage des bienfaits du sport sur la santé », dit Mariane Parent. Outre cet avantage indéniable, la socialisation fait aussi partie des objectifs, surtout chez les femmes. « Si le but de rester en forme est commun aux deux sexes, les femmes sont motivées par l’idée de socialiser, et les hommes sont plus orientés vers un désir de performer et de se dépasser », dit-elle. Car le dépassement, quel que soit son niveau de pratique, est également central dans l’atteinte du plaisir; celui-ci s’apparente à un « équilibre entre le défi et la compétence ».  

Groupe de femmes faisant du yoga au parc
Le mouvement Happy Fitness

Se fixer des objectifs raisonnables, tester de nouvelles aptitudes, étendre ses activités à l’hiver, sur l’eau, en hauteur, ou sur surface enneigée, sont quelques pistes pour conjuguer le dépassement à l’acquisition de nouvelles aptitudes physiques. 

Identifier et répondre à ses besoins 

Un constat que partage Alain Bergeron, conseiller en activités physiques à la Direction du sport, du loisir et de l'activité physique du Ministère de l’Éducation du Québec. « Le plaisir est le résultat de la satisfaction de besoins intrinsèques comme le sentiment d’efficacité personnelle et celui de l’autonomie », dit-il. Pour l’expert, le troisième paramètre qui mène au plaisir est le lien social, qui consiste à nous donner une place dans un groupe.  

À ces conditions immuables, il faut aussi prendre plusieurs facteurs extrinsèques en considération pour trouver de la satisfaction dans le sport : susciter la fierté de ses parents, des amis, ou de l’être aimé, gagner une médaille, etc. À chacun ses motivations. L’idée étant de bouger, sans toutefois céder aux modes qui peuvent motiver nos choix sans discernement (comme ça pourrait être le cas avec les vagues de disciplines très populaires comme le yoga, le CrossFit, la course, la planche à pagaie, ou le vélo de montagne). « À force de vivre des échecs répétés, on finit par abandonner toute activité », prévient Alain Bergeron. 

Si l’esprit de compétition est sain dans la pratique d’un sport, il ne doit pas non plus occulter la simple recherche du plaisir et prendre toute la place, notamment chez les enfants. « Les parents qui accompagnent leurs enfants dans le sport mettent souvent l’accent sur la compétitivité plutôt que sur le plaisir ressenti, notamment dans les sports d’équipe, dit Alain Bergeron. Or, l’essentiel est d’avoir du plaisir en pratiquant ses activités. » Un enseignement qui gagne à être transmis à l'école comme à la maison. 

« Si le but de rester en forme est commun aux deux sexes, les femmes sont motivées par l’idée de socialiser et les hommes sont plus orientés vers un désir de performer et de se dépasser. » 

— Mariane Parent, enseignante en gestion et intervention en loisir au Cégep Saint-Laurent.  

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