Guide pour une écriture inclusive dans le sport: pourquoi et comment l'adopter!

Parfois décriée et souvent jugée complexe, l’écriture inclusive n’a pas toujours très bonne presse. Il s’agit pourtant d’un outil simple et efficace permettant de donner de la visibilité aux filles et aux femmes. Le milieu sportif ne doit pas faire exception !  

Mettre en lumière celles qu’on voit peu  

Les filles et les femmes en sport sont largement sous-représentées dans les médias. Le sport féminin peine à être vu et l’on entend bien moins souvent la voix des athlètes féminines que celle de leurs confrères masculins. L’écriture inclusive, en permettant d’évoquer explicitement les femmes, est un moyen de lutter contre cette invisibilisation. 

L’écriture inclusive : un mode de pensée avant tout 

On oppose souvent à l’écriture inclusive sa supposée illisibilité qui serait liée à une surutilisation du point médian (comme dans cet exemple : participant∙es) ou des doublets abrégés (comme dans cet exemple : participants[-es]). Mais la rédaction inclusive regroupe en réalité plusieurs outils dont vous pouvez user pour varier votre style :   

  • La formulation complète ou au long : sportives et sportifs;  
  • La formulation abrégée avec le point médian : participant·es;  
  • La formulation neutre ou rédaction épicène : athlètes.   

Au-delà de cette question, l’écriture inclusive demeure surtout la conséquence d’une volonté consciente de la personne qui l’utilise de faire voir les femmes et les filles dans sa communication. Cette pensée doit être au fondement même de l’élaboration et de la conception du message.   

Formulation abrégée: pourquoi utiliser le point médian?   

Le recours à la formulation abrégée est parfois nécessaire pour alléger les textes tout en rédigeant de manière inclusive. Égale Action recommande d’utiliser le point médian plutôt que les doublets abrégés tels que préconisés par l’Office québécois de la langue française (OQLF). Les raisons qui motivent ce choix sont les suivantes :   

  • Le point médian n’a pas d’autre fonction aujourd’hui dans la langue française. Son usage ne peut donc pas prêter à confusion.   
  • Le doublet abrégé (par exemple : sportif[-ive]) utilise plutôt des parenthèses ou des crochets. Ces signes de ponctuation ont une signification en langue française. Pour ce qui est des parenthèses, l’OQLF précise que leur fonction est « de permettre l’insertion d’un élément accessoire dans une phrase ». Or, l’écriture inclusive se veut une façon de promouvoir l’égalité femme-homme, et non de présenter la féminisation comme un accessoire !  

Le point médian est ainsi une façon de mettre sur un pied d’égalité femmes et hommes dans les formes abrégées de vos communications.  

Écriture inclusive en sport : un outil facilitant 

Afin de faciliter votre transition vers ce mode de rédaction, vous pouvez vous référer au guide pour une écriture inclusive en sport au Québec d’Égale Action. Le document recense :   

  • des arguments nécessaires pour entamer les démarches de rédaction inclusive;  
  • une définition de l’écriture inclusive;  
  • des exemples et règles de rédaction pour une écriture inclusive;  
  • un lexique;  
  • une grille d’évaluation/aide-mémoire de rédaction inclusive.   

Adopter l’écriture inclusive peut paraître un acte anodin, voire accessoire, mais cela démontre en réalité votre souhait de donner aux femmes et aux filles dans le sport toute la visibilité qu’elles méritent. Cela vaut la peine d’essayer !  

« Il ne s’agit pas de "penser" au masculin puis de "traduire" autrement. La féminisation, c’est d’abord un mode de pensée avant d’être un mode d’écriture. »  

- Comité institutionnel de féminisation, 1992 

Entraîneure VS entraîneuse 

Avez-vous remarqué ? Nous privilégions l'emploi du mot  « entraîneure » plutôt que « entraîneuse », pourtant recommandé par l'Office québécois de la langue française. La raison est la signification historique du mot « entraîneuse », qui désigne une « jeune femme employée dans un bar, un établissement de nuit pour attirer les clients et les engager notamment à danser et à consommer » et qui a une connotation négative. Ainsi, et comme l'avait aussi décidé la Direction de la condition féminine de l'Ontario dans son Guide de rédaction non sexiste de 1994, Égale Action préconise l'usage du mot « entraîneure »  et l'utilise dans toutes ses communications. 

 

Cet article a été rédigé par


Articles et Outils

Voir tout