5 femmes qui influencent le parcours de milliers de filles en sport

Sport féminin
Équipe Canada

Les jeunes filles d’aujourd’hui ont besoin de modèles positifs. En raison de leur parcours hors de l’ordinaire, les femmes que nous présentons dans cet article sont autant de sources d’inspiration. En plus de se distinguer par l’excellence de leur pratique et de leur engagement dans le milieu sportif, toutes ont à cœur de rendre le sport plus inclusif pour les femmes et de faire éclater des plafonds de verre.  

Manon Simard : assurer l’équilibre entre les femmes et les hommes 

Première femme à occuper le poste de directrice générale du Centre d’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal (CEPSUM), Manon Simard est issue d’une lignée de femmes courageuses. À elles deux, ses grands-mères ont eu 35 enfants! Élevée à Baie-Comeau par une mère infirmière et un père directeur d’école, l’éducation et le sport ont défini son ADN. Après avoir connu une brillante carrière de nageuse avec les Carabins de l’Université de Montréal et Équipe Canada, elle a œuvré à la relance et au développement des Carabins, qui comptent aujourd’hui 23 équipes de compétition et plus de 500 athlètes de haut niveau. 

Tout au long de son parcours professionnel, cette diplômée de la maîtrise en gestion de HEC Montréal a tenu à créer des opportunités égales pour les athlètes féminins et masculins. « La notion d’équilibre est centrale dans ma vie, précise-t-elle. Pour moi, l’équité rejoint la notion d’équilibre. » C’est dans ce souci d’équilibre qu’elle a ainsi mis sur pied l’équipe féminine de hockey des Carabins pour permettre aux joueuses du Québec de continuer à étudier en français, tout en pratiquant leur sport à un haut niveau. 

Ambassadrice de l’Espace leadership féminin du Pôle Sports HEC Montréal, Manon Simard considère que beaucoup de chemin a été fait au niveau de la parité dans les sports, mais déplore qu’il manque encore de femmes dans l’expertise en gestion sportive. « Ce qui va faire qu’une femme va être capable d’émerger et de prendre sa place, souligne-t-elle, c’est l’ensemble de son parcours. Est-ce que la petite fille de 9 ou 12 ans a le même soutien, la même approche et le même cadre de développement que les garçons du même âge? C’est la première question à poser. » On ne s’étonnera donc pas que Manon Simard attribue sa carrière exceptionnelle au privilège qu’elle a eu d’être soutenue, dès ses premières longueurs de piscine, par sa famille et l’ensemble de sa communauté.  

« Ce qui va faire qu’une femme va être capable d’émerger et de prendre sa place, souligne-t-elle, c’est l’ensemble de son parcours. Est-ce que la petite fille de 9 ou 12 ans a le même soutien, la même approche et le même cadre de développement que les garçons du même âge? C’est la première question à poser. » 

- Manon Simard 

Manon Simard
Espace Leadership Féminin Pole Sports HEC

Consultez cet article pour découvrir une série d’entraîneures inspirantes.  

Andréanne Dupont-Parent : démocratiser l’accès au football pour les filles et les femmes

Joueuse du Blitz de Montréal, la seule équipe féminine de football avec contacts de niveau élite au Québec, Andréanne Dupont-Parent trouve désolant qu’une jeune fille qui désire jouer au football au Québec n’ait d’autre choix que de le faire dans une équipe masculine, quitte à abandonner le jeu quand les gars deviennent trop costauds. Désireuse de changer les choses et de motiver les jeunes filles à poursuivre leur cheminement, Andréanne Dupont-Parent a créé, l’an passé, Les Reines Football, un collectif de football féminin qui vise à démocratiser l’accès au football par des camps de perfectionnement, des activités d’initiation et des formations pour les joueuses, les entraîneures, les arbitres ou les gestionnaires. 

La récente création du collectif a déjà entrainé l’avènement d’une première ligue senior interprovinciale, la Ligue centrale canadienne de football féminin (LCCFF), née de l’union entre Football Québec, Football Ontario et Les Reines Football. Alors que la LCCFF compte déjà trois équipes, trois autres équipes devraient voir le jour au pays d’ici le premier botté en 2022. Pour Andréanne Dupont-Parent, qui est commissaire de la LCCFF, cette nouvelle ligue envoie aux jeunes footballeuses le message qu’elles peuvent jouer au plus haut niveau et faire partie de l’équipe canadienne. 

Cette fonceuse, qui voit le football comme un outil pour développer des compétences, prendre confiance dans un projet commun et exercer son leadership, se réjouit qu’il y ait de plus en plus d’intérêt pour le football chez les jeunes filles. « Je trouve particulièrement satisfaisant d’encourager les femmes à suivre un chemin qui demande de la force et qui est traditionnellement lié à des valeurs masculines, confie-t-elle. C’est mon moteur de faire tomber les barrières dans ce sport. » 

« Je trouve particulièrement satisfaisant d’encourager les femmes à suivre un chemin qui demande de la force et qui est traditionnellement lié à des valeurs masculines, confie-t-elle. C’est mon moteur de faire tomber les barrières dans ce sport. » 

- Andréanne Dupont-Parent 

Andréanne Dupont-Parent
montrealblitz.ca

Consulter cet article pour connaître les fédérations sportives qui mettent en place des actions afin d’augmenter la participation des filles et des femmes.

Annie Guglia : être un modèle pour les jeunes planchistes 

Véritable pionnière et athlète de l’équipe nationale de Canada Skateboard, Annie Guglia a réussi à s’imposer dans un sport traditionnellement réservé aux hommes. Quand elle était adolescente, raconte-t-elle, elle était l’une des seules filles à faire du skateboard à Montréal. À l’âge de 17 ans, ne voyant pas d’avenir dans le skate féminin, elle a même renoncé à poursuivre son rêve de devenir une planchiste professionnelle. Par chance, en 2017, attirée par le défi de représenter le Canada, l’inclusion du skateboard au programme des Jeux olympiques de Tokyo 2020 l’a convaincue de se remettre à la compétition de skateboard. 

C’est à cette époque qu’elle a lancé l’initiative All Gurlz Sk8 D8, afin d’initier gratuitement les filles de tous les âges et de tous les niveaux au skateboard. Au fil des années, elle a encouragé des milliers de jeunes filles à oser sauter sur une planche et à ne pas lâcher dans un sport qui exige de la persévérance. Titulaire d’une maîtrise de HEC Montréal sur l’industrie du skateboard, Annie tient à être un modèle positif pour les jeunes. « Pour moi, l’une des choses les plus socialement utiles qu’une athlète professionnelle peut faire, confie-t-elle, c’est de partager sa passion et son histoire pour inspirer la future génération. » 

Annie Guglia a pris de nombreuses fois la parole dans les médias pour promouvoir l’égalité et l’équité dans tous les sports. Pour elle, il n’y a aucune raison pour que le sport soit considéré principalement comme une affaire d’hommes et elle entend bien continuer à se battre pour changer cette construction sociale. Alors que la participation des filles en skateboard ne cesse de croître, elle insiste sur l’importance d’offrir de la visibilité aux femmes dans le sport. « C’est difficile, dit-elle, de devenir ce qu’on ne peut pas voir. Il faut briser les stéréotypes. Le skate, c’est pour tout le monde. » 

« C’est difficile, dit-elle, de devenir ce qu’on ne peut pas voir. Il faut briser les stéréotypes. » 

- Annie Guglia 

Annie Guglia
annieguglia.ca

Cendrine Browne et Laura Leclair : favoriser la rétention des filles en sport 

Athlètes olympiques et coéquipières au sein de l’équipe nationale de ski de fond, Cendrine Brown et Laura Leclair partagent la passion du ski de fond et de la compétition depuis l’adolescence et sont loin de vouloir mettre un terme à leur carrière. Or, depuis quelques années, toutes deux sont consternées de voir que les fondeuses sont de moins en moins nombreuses sur les lignes de départ. « Beaucoup de jeunes filles s’adonnent au ski de fond, précise Cendrine Brown, mais lorsqu’elles sont confrontées à plusieurs choix à l’adolescence, elles décrochent. » Convaincues qu’elles devaient agir pour favoriser la rétention des filles, les deux fondeuses ont créé, en 2020, Féminaction, un programme principalement destiné aux adolescentes de 13 à 16 ans, afin de les encourager à poursuivre leur cheminement en ski de fond.  

 « On s’est rendu compte, souligne Laura Leclair, que la communauté autour des filles, c’est super important. L’idée est donc d’offrir aux filles un environnement où elles peuvent s’entraider et tisser des liens. » Le programme en trois volets, qui offre des camps d’entrainement pour les athlètes, propose également des rencontres en région avec les athlètes féminines de plusieurs clubs de ski de fond et des ateliers en vue de remédier au manque flagrant d’entraîneures au Québec et ainsi permettre à la prochaine génération de jeunes filles de bénéficier d’un entrainement au féminin.  

Les deux athlètes qui s’entrainent en vue des sélections pour les prochains Jeux d’hiver de 2022 à Pékin, tout en poursuivant leurs études à l’Université Laval, tiennent à préserver du temps pour encourager les filles à ne pas lâcher et à prendre leur place en sport. « Créer une communauté où les athlètes vont se sentir écoutées, motivées et entourées de personnes qui partagent les mêmes buts et les mêmes objectifs, conclut Laura Leclair, je crois que c’est la clé pour garder nos filles en sport. » 

« Créer une communauté où les athlètes vont se sentir écoutées, motivées et entourées de personnes qui partagent les mêmes buts et les mêmes objectifs, je crois que c’est la clé pour garder nos filles en sport. » 

- Laura Leclair 

Laura Leclair
Équipe Canada
Cendrine Browne
Équipe Canada

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