4 communautés de plein air au féminin

Elles sont de plus en plus nombreuses à se rassembler pour faire du plein air entre elles, surtout des sports d’adrénaline, souvent dominés par les hommes. Voici 4 communautés de plein air qui gagnent à être connues. 

1. Les Poules qui roulent

« Nous ne sommes pas un club, mais un regroupement féminin gratuit, insiste Dominique Alarie, l’une des quatre instigatrices des Poules qui roulent. Chaque semaine, ce sont 200 filles qui se joignent à l’une de nos cinq sorties que nous annonçons sur notre page Facebook. »

Sous l’encadrement de coachs bénévoles, ces escapades tendent à démystifier le vélo de montagne, faussement associé à un sport extrême. Aucune inscription n’est exigée; les femmes intéressées n’ont qu’à se présenter avec un vélo adapté, à l’heure et au lieu annoncés (dans les Laurentides essentiellement). L’émulation de groupe et l’accompagnement professionnel font le reste. « Ça permet aux femmes de sortir de leurs obligations familiales », dit-elle. (Celles-ci ont une moyenne d’âge de 40 ans.)

Si ces sorties sont offertes gratuitement, des camps d’habileté, des voyages de vélo de montagne et des produits dérivés (jerseys, casquettes et, même, une bière au nom des Poules, brassée par La Veillée) sont proposés à la vente.

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Les Poules qui roulent

2. Les Vieilles Po

« Il y a cinq ans, on trouvait qu’il y avait peu d’occasions pour pratiquer le ski de backcountry, surtout pour les 45 ans et plus, explique Chantal Brunet, cofondatrice (avec Édith Viens et Katia Leblanc) des Vieilles Po. L’idée était de faire bouger les femmes et de faciliter leur accès à ce sport. »

Depuis, les trois passionnées enchaînent les sorties groupées, que ce soit en formule spontanée à chaque semaine (gratuites) ou durant une escapade plus organisée, trois à cinq fois par hiver. Au programme : implication de partenaires de l’industrie et accompagnement accru pour assurer la sécurité des participantes.

« Nous, les femmes, nous avons tendance à nous comparer les unes aux autres, dit Édith Viens. Quand on voit qu’une autre réussit, ça nous encourage. Avec les hommes, c’est différent. On se dit : il est plus fort que moi, je n’y arriverai pas. »

Chaque hiver, environ 250 femmes se joignent à l’une des sorties de groupe à Tremblant, à Bromont ou, encore, à Rouge-Matawin et à Belle-Neige. Une seule recommandation leur est adressée (sans obligation) : devenir membre de la Fédération québécoise de la Montagne et de l’Escalade (FQME) pour pouvoir disposer d’une assurance durant des activités sanctionnées par la fédération. Autrement, c’est l’assurance en responsabilité civile du gestionnaire du territoire qui s’applique. 

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Les Vieilles Po

3. Les Chèvres de montagne

« Entre femmes, l’ambiance est unique, l’entraide est omniprésente », résume Pascale Vézina-Rioux, cofondatrice du club Les Chèvres de montagne, l’un des pionniers du genre au Québec. « Nous ne sommes pas axées vers la performance et le côté "moment social entre filles" est très fort. » La particularité de ce club 100 % femmes : offrir une panoplie d’activités de plein air, du vélo de montagne à la longue randonnée en passant par la pêche à la mouche et la survie en forêt.

La communauté des femmes présentes durant les sorties ne cesse d’augmenter depuis la création du club en 2015, soutenue par le bouche-à-oreille amplifié sur les réseaux sociaux. Ces escapades tarifées sont encadrées par des guides expertes qui veillent à enseigner les bonnes techniques dans la confiance, le dépassement et le plaisir. « Pour l’instant, ces regroupements rallient davantage les débutantes, mais nous voulons aussi consolider notre offre pour celles qui désirent progresser dans leur activité », dit Pascale Vézina-Rioux. Le club travaille aussi sur des projets de sorties d’initiation à l’attention des jeunes filles du secondaire dans les Cantons-de-l’Est, en collaboration avec le mouvement Happy Fitness

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Crédit photo : Les Chèvres de montagne | Yan Kacynzski

4. Pink Water

« Il y a encore quelques années, lors d'événements d’activités nautiques, on était seulement deux ou trois femmes au bord de la rivière pour une large majorité d’hommes, se souvient Shéril Gravel, fondatrice de la communauté féminine Pink Water. Nous avons voulu démocratiser les activités nautiques et montrer qu’avec les bonnes compétences, ces activités ne sont pas des sports extrêmes. »

Davantage un mouvement qu’un club, Pink Water entend créer un véritable élan pour démystifier et faire rayonner le canot, le kayak d’eau vive, la planche à pagaie ou, encore, la luge d’eau auprès de celles qui n’osent pas toujours s’y adonner. « Nous avons profité de cette dernière année pour nous repositionner et développer des expéditions de femmes en partenariat avec une entreprise locale sur la rivière Moisie, précise Shéril Gravel. On parlera de lecture des cartes, de reconnaissance du terrain, d’alimentation en plein air ou de logistique, dans un esprit de solidarité et de coopération, indispensable dans le milieu de l’eau vive. » Émancipation en rivière et contact étroit avec la nature : deux piliers pour gagner en confiance et en autonomie.   

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Site web Pink Water

« Nous, les femmes, nous avons tendance à nous comparer les unes aux autres. Quand on voit qu’une autre réussit, ça nous encourage. Avec les hommes, c’est différent : on se dit : il est plus fort que moi, je n’y arriverai pas. »

- Édith Viens, des Vieilles Po.

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